Nouvelle opportunité pour le secteur financier suisse

26 mars 2019

Nouvelle opportunité pour le secteur financier suisse

Le plan d’action de l’UE «Financer une croissance durable» changera fondamentalement la place financière suisse et offrira de gigantesques nouvelles opportunités commerciales pour le secteur financier local. Cela ne sera toutefois possible que si les décideurs politiques adaptent les règles du développement durable dans le secteur financier et si les entreprises changent fondamentalement leurs activités, comme le montre l’étude publiée aujourd’hui par PwC Suisse et le WWF Suisse.

Au cours des deux prochaines années, le secteur financier européen s’orientera à un rythme accéléré vers la durabilité grâce à de nouvelles réglementations. La place financière suisse est fondamentalement bien positionnée pour cela et bénéficie d’une grande expertise. La Suisse doit toutefois adapter ses conditions-cadres de manière à ce que le secteur financier suisse puisse continuer à avoir accès au marché européen et à suivre l’évolution internationale. L’étude publiée aujourd’hui formule les recommandations concrètes suivantes:

  • Le Conseil fédéral charge l’Administration fédérale d’élaborer un plan d’action pour une finance durable en Suisse. Elle doit inclure des mesures législatives et incitatives pour que la Suisse retrouve un rôle de premier plan dans le domaine de la finance durable.
  • Le Conseil fédéral crée une commission d’experts (industrie financière, groupes de réflexion, science et société civile). Il reflète et définit la manière dont la Suisse doit s’adapter au nouveau cadre législatif du plan d’action de l’UE, élargit la base de connaissances sur la finance durable et commente le plan d’action suisse pour la finance durable du Conseil fédéral.
  • Chaque banque, compagnie d’assurance et gestionnaire de fortune suisse devrait examiner le plan d’action de l’UE pour un financement durable au niveau de la direction et prendre les mesures nécessaires.

«Si la Suisse s’oriente ainsi rapidement vers une plus grande durabilité, d’énormes opportunités se présenteront pour la place financière et la place économique suisse», explique Michael Taschner de PwC Suisse. Mais l’étude montre également que sans exigences de transparence et de durabilité, l’accès des entreprises financières suisses au marché de l’UE pourrait être en jeu. Si ces transactions avec les clients de l’UE devaient cesser, cela aurait des conséquences considérables pour les institutions financières telles que les banques, les compagnies d’assurance et les gestionnaires de fortune.

Le plan d’action de l’UE met la Suisse sous pression pour qu’elle agisse

L’UE mettra en oeuvre le plan d’action «Financer une croissance durable» au cours des deux prochaines années, obligeant la Suisse à agir également. Ce plan d’action modifiera pratiquement toutes les réglementations des marchés financiers en intégrant les facteurs de durabilité dans la gestion des risques, les exigences de transparence, les services de conseil à la clientèle, etc. Les facteurs de durabilité deviendront la nouvelle norme et devront être pris en compte par tous les prestataires de services financiers dans leurs processus internes.

Le plan d’action accroît la transparence, la mesurabilité, la comparabilité, la qualité et la disponibilité des données. Le plan d’action jette ainsi les bases d’une réorientation des flux financiers conformément aux décisions de l’Accord de Paris sur le climat. «Une réorientation et une mise en oeuvre rapide des règles de l’UE sont également nécessaires dans le secteur financier suisse afin que la Suisse ne devienne pas une île isolée pour les investissements financiers non durables», déclare Ivo Mugglin du WWF Suisse. Il n’y a toujours pas de discussion globale à ce sujet. Il en résulte une grande incertitude et des risques incalculables pour le secteur financier.

Les quatre paquets de l’UE sur le financement durable

  • Système de classification uniforme de l’UE pour distinguer les produits financiers durables des produits non durables et pour permettre des décisions d’investissement mieux informées.
  • Les obligations de l’investisseur (souvent appelées «obligations fiduciaires») sont clarifiées. A l’avenir, les gestionnaires de fortune et les investisseurs institutionnels devront démontrer dans quelle mesure leurs investissements sont conformes aux objectifs de durabilité et comment ils remplissent leurs obligations.
  • Intégration des risques et opportunités climatiques dans les valeurs de référence (benchmarks): une pour les faibles émissions de CO2 («variante décarbonisation» des indices standards) et une pour les effets CO2 positifs.
  • A l’avenir, le conseil à la clientèle privée dans les secteurs de la banque et de l’assurance devra intégrer les aspects de durabilité.

 

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