Les clients qui mandatent des agences de stratégie marketing ou de communication ont en général une problématique à résoudre. Schématiquement, soit il s’agit d’augmenter le nombre de clients potentiels à contacter et en finalité le chiffre d’affaires, soit il s’agit d’assoir la légitimité et la notoriété de l’entreprise dans certains cercles, ou encore les deux.
Or, la vraie question à se poser est la suivante : dans la pratique, dans la vraie vie, votre produit, service, proposition, message, a-t-il ou a-t-elle un marché ? Au nez et à la barbe des entreprises nombrilistes, qui diffusent à tout le monde une offre « has been » ou totalement dénuée d’intérêt, les sociétés innovantes prennent le risque (calculé) de se différencier en réfléchissant aux réels apports qu’ils peuvent dédier au monde. Ils s’affairent à trouver un point de compatibilité entre ce qu’ils proposent et ce que veut un-certain-type-de-client. Pas tous ! Personnellement, je préfère combler 20 clients sur un sujet ultra-spécifique que de faire du marketing de masse virtuel avec une offre qui n’est que vaine redite.
Par conséquent, avant de lancer une nouvelle offre, autant vérifier que celle-ci est de taille à trouver acheteur, avant même d’engendrer des coûts de commercialisation. C’est là que je vais un peu vous titiller.
J’aimerais partager avec vous la pensée d’un certain Oussama Ammar, entrepreneur en série et créateur de TheFamiliy, un incubateur de startups français aux influences très américaines. Il dérange les esprits bien pensants des marketeurs de l’ancienne école, leur mettant le nez devant le fait qu’Internet est né dans les 50’s, qu’il s’est répandu à partir des années 80 et qu’il serait grand temps, en 2016, d’arrêter de se comporter comme si ce médium n’existait que pour les ados. Il est vrai que la Suisse représente un marché microscopique à l’échelle du monde. De surcroît très divisé culturellement, notre pays peut se montrer à la fois tristement rétrograde et à la pointe de l’innovation.
En communication et en marketing, nous avons gardé nos petites habitudes, que nous tenons pour vraies, qui reflètent notre propre vision du monde à échelle helvétique élargie. Certains continuent à disperser des flyers sur la voie publique…
Or, il existe un outil de recherche nommé Facebook qui, depuis le jour de sa création en 2004, n’a fait autre que de récolter d’imposantes masses d’information. Ciblées, pertinentes, actuelles car mises à jour par ses propres utilisateurs. La plateforme nous permet de tester un produit en temps réel sur une population ciblée, jusque dans les moindres détails de ses habitudes de consommation, et ce, avant même que le produit n’existe réellement. Voilà la clé: tester l’idée avant de la produire, ce qui vous coûtera le prix d’une page web basique (une page « inscrivez-vous » pour en savoir plus, c’est tout).
Tester le produit avant même de le créer
Maintenant c’est à vous. Plus d’excuses. Votre produit existe déjà sur le marché ? détournez-le ! Faites autrement, commercialisez-le ailleurs ou ajoutez-lui LA fonctionnalité qui manquait et qui fera de lui une meilleure option que le plan B. Ensuite, testez le message porteur (le pitch) de votre proposition de valeur, en direct sur le net. Une seule opération et vous serez fixé. Plus besoin de perdre des années à espérer que les ventes décollent. Soit vous en avez un product-market fit, soit pas. C’est binaire et radical, et cela demande une bonne dose de courage de déposer son projet dans les mains d’illustres inconnus virtuels.
Une question pour terminer. Un pas supplémentaire vers des produits et services porteurs de sens serait de vérifier l’apport final réel que nous faisons à l’économique, d’avoir chiffré l’impact de notre activité sur l’environnement, de connaître le niveau de bien-être généré chez nos partenaires et employés, tout cela allant vers une démarche consciente pour le bien commun.